15 févr. 2018

Le doudou des bois d'Angélique Villeneuve et Amélie Videlo. Sarbacane, 2016

Mince ! C'est à l'occasion d'une promenade dans les bois que Georgette à perdu son doudou ! Il faisait bon, les couleurs étaient belles, le doudou sentait bon le dodo ... alors elle l'a posé et puis elle l'a oublié.  
Ce n'est que la nuit venue qu'elle s'en est aperçue mais, courageuse, elle est repartie dans les bois le lendemain pour retrouver son doudou qui lui ferait du bien. Celui qui la réconforterait, qui aurait l'odeur du dehors et la douceur du dedans. Mais elle a beau chercher ... pas de doudou en vue. Alors, pour se consoler, Georgette a décidé d'adopter un nouveau doudou, un doudou qui viendrait du bois, un doudou tout mou, qui ne piquerait pas et qui ne glisserait pas dans les doigts . Et c'est en cherchant bien, derrière un grand chêne, que Georgette l' a trouvé ...

Toute cette histoire, joliment dense, met tous les pêrceptions en éveil. Car si l'histoire du doudou, objet transitionnel est bien connue, ici ce sont les cinq sens que l'on propose aux enfants de cultiver.
Dans cette forêt, on se retrouve vite envoûté par sa densité, par les crissements des pas sur les feuilles d'automne et par l'odeur du sous bois.

Alors cet album, c'est comme une doudou à lui tout seul :  une agréable ballade sensorielle, tendrement bonne avec une légère touche de nostalgie.

13 févr. 2018

Les valises de Séve Laurent-Fajal. Gallimard, 2016

C'est à l'occasion d'un voyage scolaire à Aushwitz que Sarah se trouve chamboulée par un nom de famille écrit sur une valise. 
Dés lors, elle n'a plus qu'une idée en tête : faire  des recherches sur ses origines, sur ce père dont elle ne sait rien, sur cette  famille inexistante, sur ce passé qui, elle en est sûre, n'est pas si simple.

Si elle est bien décidée à interroger sa mère, il n'est pas facile de briser la barrière de silence qui s'est installée entre elles. Sarah va alors se démener seule pour  éclaircir l'ombre qui plane sur son histoire, si proche de la grande Histoire.

Dans cette quête de vérité, Sarah va trouver sur sa route des éléments facilitateurs : une enveloppe cachée, trouvée sans peine, un petit ami follement amoureux complètement dévoué à son aide, un prof d'histoire doué de la généalogie... et finalement la puissance de la thématique s'en trouve un peu oubliée.
Les événements s'enchaînent et rien ne semble émouvoir Sarah qui les accepte sans grande complexité de gestion.

Si la lecture est  agréable, je regrette donc ce manque de surprise et cette perte de sens où les premiers émois amoureux de Sarah prévalent finalement sur le fond historique et la quête identitaire.
Dommage, car la thématique était prometteuse ...

Souvenez vous, 
un livre offert par Sophie 



12 févr. 2018

Dans les yeux de Philippe Jalbert. Gautier Languereau, 2017.

Le Petit chaperon rouge, tout le monde connait. Mais qui a déjà osé voir cette histoire  à travers les yeux du loup et à hauteur des yeux du Chaperon ? 
C'est exactement le pari réussi de Philippe Jalbert qui ne dénature en rien l'histoire originale mais qui nous propose un double regard et une alternance des voix vraiment pertinents. 
De gauche à droite, les points de vue changeants et les illustrations détaillées offrent une dimension troublante  à ce conte classique qui gagne en mystère et en profondeur. 
Et si le texte sait se faire discret, la juxtaposition de verbe, de phrases nominatives sont comme un boulet plein d'impact qu'il faut arriver à encaisser. 

La tension monte et l'insouciance du Petit Chaperon n'y pourra rien.  Le face à face final est aussi brutal qu'angoissant et la dernière page tournée on reste encore surpris de cette mise en scène de toute beauté.

Une adaptation remarquablement bien réussie, dont l'épurement et la pureté n'enlèvent rien à la puissance.


Retrouvez l'avis de
 ma copinaute Pepita

9 févr. 2018

La couleur du vélo de Sandra Le Guen. La Palissade, 2017

Ce noël là, baigne dans une ambiance particulière. Toute la famille est bien réunie autour de la table, papi Moustache fait toujours son numéro pour laisser les plus petits croire encore au père-noël  et pourtant, il y a un grand vide. 
Le vide qu'a laissé papa qui n'est plus là depuis l'été. Tout le monde a beau essayer de faire de son mieux, rien n'est plus pareil. Surtout pour Anaïs qui refuse désormais de voir la vie en rose. Cette couleur est pour elle la couleur interdite, la couleur du passé, la couleur qui lui rappelle quand papa était encore là.

Alors quand vient le moment du déballage, et qu' Anaïs découvre bien le vélo de grande qu'elle avait commandé, elle n'avait pas du tout envisagé qu'il serait ROSE !!! Elle claque la porte et s'enfuit dans le grenier !
C'est alors dans les souvenirs d'enfance de son papa qu'elle va se plonger, dans les bras de sa maman qu'elle va trouver du réconfort et grâce aux qualités de bricoleur de son papi qu'elle va progressivement accepter l'absence et apprécier son cadeau.

Un roman court qui concentre de beaux moments d'émotion et d'espoir. 
Un roman qui parle simplement et efficacement de l'absence, du chagrin et de la vie malgré tout.
Une jolie approche discrete et efficace.


Retrouvez l'avis de 
mes copinautes Sophie et Bouma

6 févr. 2018

Quand j'étais petite ... de Sara O'leary et Julie Morstad. L'étagère du bas, 2017

C'est très étonnant de voir comment un enfant se représente ses parents quand ils avaient son âge ...
Jules feuillette régulièrement l'album photo de maman, mais aujourd'hui il veut entendre des souvenirs, des anecdotes. 
Alors maman lui raconte, aussi petite qu'un liliputienne, comment elle jouait avec ses poupées, quelles étaient ses gourmandises, ses plaisirs, ses passe-temps ... des petits morceaux de son enfance qu'elle se permet de poétiser en quelques lignes pour laisser encore planer le doute et pour ouvrir les portes de l'imagination.

Tout est délicat, un petit peu espiègle et permet de tisser un lien complice entre la mère et son fils. 

Un album charmant, tout en simplicité, comme un geste d'amour tout en délicatesse.

Retrouvez l'avis de ma copinaute Chlopitille

5 févr. 2018

Sauveur & fils, Saison 4 de Marie-Aude Murail. EDL, 2018

Sauveur et fils, saison 4, voila la boucle est bouclée !
On retrouve dans cet épisode tous les personnages qui  nous ont accompagné jusque là 12, rue des Murlins, toutes les histoires qui se sont entrecroisées, les secrets qui se sont révélés et les relations qui se sont nouées.
Pour mettre un terme à la saga, il y est question de culpabilité, de gravité et de vérité. Mais comme toujours avec Sauveur, on apprendra à tout comprendre et tout accepter.
Avec sensibilité et beaucoup d'humour, Marie-Aude Murail continue de nous interroger sur des problèmes universels et de nous captiver en abordant des questions d'actualités.
Et c'est cette proximité, cette authenticité qui nous enchantent, sans aucun doute.
Dans toute cette agitation, entre cabinet de consultation et maison de famille recomposée, on  ne s'ennuie jamais ! On écoute ces ados qui se cherchent, ses parents parfois une peu dépassés, les grandes peines et les jolies joies qui nous rappellent que dans  ce monde rien n'est parfait, nous les premiers !

A consommer sans modération, Sauveur et fils, une série en or !

Mes chroniques des tomes précédents, c'est par ici

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

2 févr. 2018

D'un trait de fusain de Cathy Ytak.Talents hauts, 2017

Dans les années 90, rien n'était comme aujourd'hui.
Les premiers émois amoureux, le désir, les rapports sexuels  étaient tous entachés par l'épidémie du Sida et l'inaction des pouvoirs publics. 
Dans les années 90, on sortait couverts, on installait des distributeurs de préservatifs devant les pharmacies et seul un petit triangle rose osait défier les autorités.

C'est pendant ces années-là que Marie-Ange et son groupe d'amis découvrent la confusion des sentiments, l'homosexualité, la séropositivité, les préjugés, la peur et surtout la colère et l'engagement.

Très délicatement, comme le traits de fusains qui crissent sur les feuilles de dessin, Cathy Ytak nous parle de sentiments mais aussi de fureur de vivre et d'aimer. 

C'est l'histoire de cinq coeurs qui battent, parfois différemment, parfois à l'unisson. 
Cinq coeurs qui s'offrent à nous avec leur force fragile.
Cinq coeurs doux, insolents, mais toujours battants.
Cinq coeurs qui sont toute la fougue d'une jeunesse palpitante.

Merci à la plume délicate et réaliste de Cathy Ytak, de nous offrir un roman intelligent et indispensable.



Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

30 janv. 2018

La piscine magique de Carl Norac et Clothilde Delacroix. Didier jeunesse, 2017

Quand on est le Roi de la jungle, on a bien sûr droit à sa piscine privée !
Mais pas n'importe laquelle : une piscine MAGIQUE !!! 
Enfin, c'est ce que dit le Roi, mais personne ne l'a jamais vu cette fameuse piscine.
Qu'à cela ne tienne, le Roi annonce un beau matin depuis la tour géante de son château, qu'il rend la piscine accessible à tout le monde !
On assiste alors à un joli défilé d'animaux tous plus élégants les uns que les autres : c'est que chacun a bien envie de savoir ce qu'elle a de magique cette piscine !
Vous aussi, non ?

Pour cela il vous suffira de vous plonger dans ce joyeux bouquin qui vous promet un  chouet' moment de rigolade. 
Effet de répétition, première approche des illustrations style BD, moquerie autour de la prétention, amusement de l'effet de magie, suspens final... tout un condensé de détails regroupés en un seul et même album au ton dynamique et aux illustrations hyper colorées, et joyeuses ... 
Bref, pas de doute, on est sûr à l'avance d'un succès garanti auprès d'un public du plus grand au plus petit !

28 janv. 2018

Nightwork de Vincent Mondiot. Actes Sud, 2017

Ce livre s'ouvre sur la décision de faire un aveu.
Un aveu dont je ne dirai rien car il ne sera dévoilé qu'au dernier chapitre et que jusque là, l'histoire vous aura interrogé et complètement passionné.
Patrick, Abdel et sa mère se détestent autant qu'ils s'aiment, entre eux, c'est la haine, l'amour et surtout la misère sociale. 
Une seule adulte, ancienne infirmière qui a sombré dans l'alcool et la dépression. 
Un frère aîné qui vit d'embrouilles, de trafics et qui a fini par se retrouver derrière les barreaux. 
Et puis il ya Patrick, qui continue d'encaisser les coups et les insultes des petits caïds du collège, qui a juré de se taire, de ne rien dire et qui subit le quotidien sans jamais broncher. 
Aujourd'hui Patrick a 21 ans , et il va confier son histoire tragique au lecteur. S'il a  du mal à trouver les mots, s'il hésite, si l'on sent le malaise, s'il digresse, c'est parce que sa vie, déjà difficile, a dérapé gravement. 
Dans sa solitude, dans sa confidence, il ne cherche pas d'excuses, ni de pardon, il veut juste être en paix avec lui-même. 

Nightwork, c'est une bonne claque dans la figure qui ne peut pas te laisser insensible.
Nightwok, c'est de la souffrance sociale à chaque page que tu tournes.
Nightwork, c'est un livre que tu vis dans ta tête et dans tes tripes.
Nightwork, c'est l'histoire de Patrick, un gamin attachant... qui voulait juste être aimé.

Un livre pas facile, mais chaudement recommandé.

25 janv. 2018

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna. Albin Michel, 2016

Les vacances commencent mal dans cette vielle maison, sous cette pluie battante avec une mère scotchée à son écran d'ordinateur ! A part la console de jeu, rien ne tue le temps et l'ennui qui s'installent.

Et pourtant, il suffit parfois de pousser la porte, d'affronter les intempéries et que la console tombe à l'eau pour s'émerveiller de ces champignons vénéneux, de ces petites bêtes qui se cachent dans le sol, de ces cailloux qui deviennent de véritable kaléidoscopes...

Il suffit de presque rien, d'un petit jour de rien du tout, pour découvrir le monde comme on ne l'a jamais vu !

Et si cet album interroge explicitement sur la déconnexion des écrans et l'ouverture au monde, il va encore plus loin et évoque en nous ces petits bonheurs simples et futiles, cette nature belle et mystérieuse et surtout  l'absence d'un père, la chaleur d'un foyer et la sérénité  du silence.

Comme d'habitude je suis sous le charme du talent de Béatrice Alemagna. Si son texte est porteur de messages forts, ses illustrations, travaillées jusqu'au moindre détails, nous offrent un album très abouti où tout s'imbrique dans la plus belle harmonie.

Un album enchanteur, à la fois vibrant et apaisant qui sent bon le chocolat chaud !